Comment reconnaître un mythomane ?

Prendre ses rêves pour des réalités. Pour les mythomanes, plus qu'un proverbe c'est un mode de vie dont ils n'ont même pas conscience. Bien différente du simple mensonge, la mythomanie est une véritable pathologie qu'il faut savoir reconnaître pour permettre à la personne de se faire traiter. Comment la reconnaître et comment réagir ?

 

 

 

 

Définition de la mythomanie : qu'est-ce qu'un mythomane ?

La mythomanie est une maladie relevant de la psychiatrie. Le terme psychiatrique de "mythomane" désigne une personne présentant une tendance compulsive à raconter des mensonges et à inventer des histoires : on parle de fabulations. La mythomanie se définit par une tendance pathologique à avoir recours aux mensonges sans même en avoir conscience. Les personnes atteintes de mythomanie peuvent chercher inconsciemment refuge dans le mensonge pour échapper à une certaine réalité. Ce terme, crée en 1905 par le psychiatre Ferdinand Dupré, tire ses racines du grec et du latin : "mythos" qui signifie "légende", récit non historique en grec, tandis que le suffixe "manie" provient du latin mania, c'est-à-dire "folie".

 

Elle se distingue du simple mensonge, où l'on donne intentionnellement une fausse information, généralement dans un but utilitaire. Dans le cas de la mythomanie, la personne ne réalise pas qu'elle est en train de mentir, et n'arrive pas à distinguer les faits réels et ceux relevant de la fiction. Il est d'ailleurs presque impossible d'évaluer le degré de lucidité du mythomane, qui vit ses fabulations sans aucun recul. Ces mensonges peuvent perdurer des années, et les mythomanes s'inventent généralement des vies brillantes, des familles riches, des activités passionnantes : un mythomane n'est pas celui qui invente un petit mensonge pour éviter une invitation à dîner !

 

Causes : mythomane psychotique ou pathologique ?
Comme dans la plupart des affections psychiatriques, il est difficile de trouver une ou des causes bien déterminées expliquant les troubles observés. Néanmoins, il est communément admis par les psychiatres qu'un choc émotionnel grave peut être à l'origine de la fuite de la réalité du mythomane. L'annonce d'une maladie incurable, le décès d'un proche, échec sentimental, scolaire ou professionnel peuvent favoriser.

 

Mythomane pathologique
Ces différents traumatismes affectifs poussent le mythomane à fuir inconsciemment la réalité à travers ses mensonges, traduisant un manque de maturité affective et de confiance en soi. On parle alors de mythomanie pathologique car les mensonges sont "pathologiques" dans ce cas.

 

Mythomane psychotique
La mythomanie peut aussi être "psychotique" lorsqu'elle fait partie d'un délire sans fondement avec la réalité chez les personnes atteintes de psychose (schizophrénie, trouble délirant, phase maniaque…). Elle sera dans ces cas associée à toute une série de signes caractéristiques de ces troubles.

 

Signes de la mythomanie
Le mythomane ne se rend pas compte qu'il ment, incapable de faire la différence entre le fruit de son imagination et la réalité. Les mensonges du mythomane ne sont pas intentionnels et n'ont pas pour objectif de tromper qui que ce soit. Ils permettent au mythomane de faire accepter sa réalité et son imaginaire aux autres, pour mieux justifier leurs existences. Il a besoin que les autres croient à ses fabulations pour y croire lui-même. Ferdinand Dupré distinguait 4 types de mythomanies :

la vaniteuse (la personne se vante),
l'errante (la personne ne cesse de fuir),
la maligne (compensation d'un complexe d'infériorité par des médisances),
la perverse (fabuler pour escroquer).

 

Diagnostic
"La mythomanie est un trouble difficile à traiter qui nécessite l'expertise d'un psychiatre pour le diagnostic mais aussi la prise en charge", admet le Dr Claire Lewandowski, médecin spécialisée en médecine générale. En effet, reconnaître une véritable mythomanie peut s'avérer difficile, pour deux raisons. La première, c'est qu'il faut savoir discerner un véritable mythomane d'un simple menteur invétéré. D'autre part, bien souvent, les fabulations d'un mythomane sont suffisamment bien construites pour devenir impossibles à repérer, ce qui fait que le mythomane est rarement découvert. C'est souvent une évaluation psychiatrique, croisée avec le témoignage de l'entourage, qui permet de faire le diagnostic.

 

Quelle attitude adopter face à un mythomane ?
Dans le cas où la mythomanie est diagnostiquée, trouver la bonne attitude est souvent très difficile et dépend du degré de lucidité du mythomane. Dans certains cas, on conseille de suivre et d'accepter ses mensonges pour ne pas le blesser ou le contrarier et éviter qu'il de s'enferme encore plus dans son monde imaginaire. C'est surtout le cas pour les mythomanes peu lucides ou psychotiques. S'il est plus ouvert à la critique, on peut agir en remettant en question ses dires et en l'aider à accepter la réalité tout en respectant son monde imaginaire, nécessaire sa survie.

 

Traitements de la mythomanie
Il n'existe pas de traitement à proprement parler de la mythomanie.
Une prise en charge psychiatrique ou psychologique peut aider à diminuer la mythomanie, mais bien souvent, les patients atteints n'ont pas conscience de leur trouble. Il n'existe pas de traitement à proprement parler de la mythomanie. Seulement, une analyse psychiatrique pourra l'aider à retrouver les causes enfouies dans son inconscient de sa maladie, et par là même, offrir une voie vers la guérison. Un suivi psychologique s'avère nécessaire si le mythomane accepte de reconnaître son trouble. Dans le cas contraire, surtout en cas de psychose, des médicaments antipsychotiques peuvent l'aider à faire face à la réalité.

 

Doit-on excuser les mythomanes ?

 

Une pathologie du narcissisme, c’est-à-dire de l’amour de soi
Une vie de mythomane n’a rien de facile. Pour rester dans son monde fantasmatique, qui la protège de la dureté du réel, T doit en permanence briser les liens noués à la faveur de son errance mentale et géographique : partir, toujours partir. En effet, le pire, pour un mythomane, est d’être placé face à son mensonge et de perdre ainsi sa raison d’être. C’est pourquoi, lorsqu’il est découvert, le mythomane embraye immédiatement sur une nouvelle affabulation. Mais une part de son psychisme est entamé. Et c’est l’angoisse. De terribles crises d’angoisse .

 

Si le mythomane ne supporte pas la réalité telle qu’elle est, c’est d’abord qu’il ne se supporte pas lui-même tel qu’il est. Nous sommes là face à une pathologie du narcissisme, c’est-à-dire de l’amour de soi. « Tout mensonge emporte avec lui un désir, explique le psychanalyste Juan David Nasio en préface de l’ouvrage de Paul Ekman Pourquoi les enfants mentent (Rivages « Psychanalyse », 1991). Celui du mythomane est d’être reconnu… pour ce qu’il n’est pas. » Comme s’il lui fallait se dépeindre sous les traits d’un autre pour s’accorder le droit d’exister.

Une partie de poker
A l’inverse de ce que prétendait le grand psychiatre Ernest Dupré, la mythomanie n’est pas innée. C’est vers 3, 4 ans que les enfants commencent à s’essayer au mensonge : ils maîtrisent alors suffisamment bien le langage et ont désormais compris que les adultes ne savent pas tout ; on peut donc tenter de les tromper. Pour éviter une punition, obtenir une chose refusée…

C’est ainsi que naît le mensonge, celui, banal, dont nous ferons tous plus ou moins usage durant notre vie. Mais le mythomane, lui, par une sorte de décision de l’inconscient et pour éviter les frustrations, s’enfermera dans un univers factice. En fait, pour lui, le réel et la fiction sont équivalents. Le psychiatre Michel Neyraut compare d’ailleurs son existence à une partie de poker, dans laquelle le mythomane ne connaîtrait même pas son jeu. Il abat ses cartes, ses affabulations, « et si personne ne s’est récrié, c’est peut-être que cette carte était la bonne. Au fond, toute carte peut être la bonne ». Il y a une « jouissance » particulière dans la mythomanie : se faire croire à soi-même que tous les désirs sont possibles.

 

 

L’excitante jouissance du mensonge
Les mythomanes se recrutent dans tous les milieux. On observe qu’ils ont souvent eu des parents manipulateurs ou, à l’inverse, très crédules. Et qu’ils ont généralement très tôt souffert d’un manque de soutien psychologique – un père ou une mère absent(e), ou trop préoccupé(e) par ses problèmes ou un autre de ses enfants. D’où une précoce et intense solitude intérieure, qui les poursuit et que leur vie imaginaire s’efforce de combler. Mais l’attitude des parents n’est pas seule en cause : bien qu’aimé, le jeune mythomane a été insatisfait de son sort ; il aurait voulu avoir plus d’amour, des parents plus prestigieux.

Les psychothérapies qui viennent à bout des symptômes névrotiques sont rarement aussi efficaces concernant la mythomanie. Pour une bonne raison : si le mythomane est amené à en suivre une, c’est presque toujours à la demande de son entourage, inquiet pour lui, fatigué de ses frasques, de ses errances. Or, pour qu’une thérapie fonctionne, il est nécessaire que la personne qui présente des symptômes soit demandeuse. Lorsqu’il est pris d’angoisse – c’est-à-dire quand sa machine à fabuler se grippe –, le mythomane peut être tenté d’entamer un travail sur lui-même Mais dès que l’angoisse s’apaise, il part. Dans son inconscient, il préfère l’excitante jouissance du mensonge au plaisir tranquille de la réalité ordinaire. De plus, une thérapie est une rencontre avec la vérité, perspective plutôt inintéressante pour un être qui fuit le vrai.

 

Le mythomane se met en danger parce qu’il arrive que ses mensonges le mettent en difficulté avec la loi et qu’il soit déclaré irresponsable. On le soigne alors avec des médicaments qui l’abrutissent. « Oui, la mythomanie peut faire place au mutisme, mais ne débouche pour ainsi dire jamais sur une authentique guérison. Difficile dans ces conditions de conseiller l’entourage d’un mythomane quant à l’attitude à adopter. Le suivre systématiquement dans ses mensonges, pour ne pas le heurter, ne l’aide pas : cela contribue à l’enfermer dans son monde imaginaire. Les dénoncer pour le forcer à accepter la réalité est inefficace : il a trop besoin de la fuir, c’est pour lui une question de survie. On reste donc très démuni devant cette pathologie – heureusement rare. En fait, face à la mythomanie d’un proche, il appartient à chacun d’« inventer » l’attitude adéquate. Sans hésiter à se faire conseiller par un psychiatre.

 

Les erreurs à éviter face à un mythomane
Il est plus facile de gérer un menteur qu'un mythomane. Ce dernier n'a pas la volonté de blesser autrui ou de lui dissimuler quelque chose. Son but est d'impressionner son entourage pour se sentir aimé et valorisé.

C'est une personne qui souffre psychologiquement et manque de confiance en elle. Cela explique que ses mensonges soient une seconde vérité que le mythomane n'est pas prêt à abandonner.

Utiliser la logique et mettre un mythomane face à la réalité n'est pas la solution, car c'est prendre le risque de le voir devenir agressif ou de se replier sur lui-même.

La confrontation à la réalité est alors vécue comme une agression. Lorsque les mensonges sont dévoilés, c'est la vérité du mythomane qui s'écroule et la perte de ses repères engendrera de la violence dans la plupart des cas.

 

Face à un mythomane, il n'y a que deux types de réactions possibles : tenter de l'amener à consulter... ou partir. Si le deuxième cas semble extrême, c'est malheureusement le seul moyen d'assurer votre bien-être.

Le mythomane est un menteur compulsif, il ne connaît pas d'autre façon d'exister qu'au travers d'une réalité améliorée et ne s'arrêtera pas sans une aide médicale adaptée. Instaurez un lien de confiance et, petit à petit, abordez l'idée d'une consultation par un thérapeute.

Soyez patiente et réessayez autant de fois que vous le pourrez sans perdre de vue que la priorité est votre propre bonheur. Alors, ne vous laisser pas faire. 

 

Prendre de la distance pour votre propre bien être, couper le lien, pensez aux petits bonhommes allumettes pour couper le lien définitivement .  

Pensez juste à VOUS !

 

 

Vous pouvez me joindre pour une discussion instantanée ou me laisser

un email : isabelladrems@gmail.com

 

Bien à vous 

 

Sophie pour psyconseils